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Genève : le classement de la ferme Borel-de Seigneux refusé par le Conseil d’État

Genève : le classement de la ferme Borel-de Seigneux refusé par le Conseil d’État
Ferme Borel-de Seigneux

Le Conseil d’État genevois a refusé le classement de la ferme Borel-de Seigneux, un bâtiment du XVIIIe siècle situé en zone agricole. Patrimoine suisse Genève conteste cette décision et a saisi la justice pour empêcher sa démolition.

Construite à la fin du XVIIIe siècle par le diplomate et agronome Charles Pictet-de Rochemont, la ferme Borel-de Seigneux figure depuis 1984 à l’inventaire cantonal des bâtiments dignes d’être protégés. Situé chemin de la Tour-de-Pinchat, l'édifice est notamment présenté comme un exemple ancien et rare de construction entièrement en briques.

Le bâtiment appartient depuis 1979 à Careal Property LSP AG, une société du groupe AMAG. Selon Patrimoine suisse Genève, la ferme n’aurait pas été entretenue depuis plusieurs décennies et se trouve aujourd’hui fortement dégradée. Des incendies ont notamment détruit la toiture de la grange-écurie, sans atteindre les murs en briques ni la partie habitation.

Une démolition déjà autorisée

En novembre 2023, Careal a demandé l’autorisation de démolir le bâtiment, invoquant notamment les risques liés à son état et le coût de sa sécurisation. La Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS) et le Service cantonal des monuments et des sites s’étaient pourtant prononcés contre cette démolition.

L’autorisation a finalement été délivrée par l’Office des autorisations de construire en octobre 2025.

Patrimoine suisse Genève a alors demandé le classement de la ferme. Le Conseil d’État a rejeté cette demande le 16 septembre 2026. L’association et sa faîtière nationale ont ensuite déposé un recours auprès de la Cour de justice. Celle-ci a ordonné la suspension provisoire de l’autorisation de démolir dans l’attente de sa décision sur le fond.

Patrimoine suisse Genève dénonce une situation qu’elle estime révélatrice d’un manque de protection du patrimoine genevois. L’association rapproche également ce dossier de celui du domaine Sous-Pinchat à Carouge, lui aussi datant du XVIIIe siècle et laissé à l’abandon selon elle.

Le recours doit désormais être examiné par la justice genevoise.