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A412 : Le projet "bafoue un nombre invraisemblable de lois" selon la Confédération paysanne

A412 : Le projet "bafoue un nombre invraisemblable de lois" selon la Confédération paysanne

Le ton monte autour de l’autoroute Machilly - Thonon-les-Bains.

Alors que le chantier entre dans sa phase opérationnelle après la signature de l’autorisation environnementale par le nouveau préfet de la Haute-Savoie, la Confédération paysanne s’élève vivement contre le projet. Le syndicat agricole dénonce une infrastructure qu’il juge "anachronique" et dont il conteste l’efficacité pour désengorger le trafic dans le Chablais.

Pour l’organisation, le lancement des travaux constitue surtout une menace directe pour l’agriculture locale. Plusieurs dizaines d’exploitations seraient concernées, avec, selon elle, des conséquences qui dépasseraient largement les seules fermes directement touchées. La Confédération paysanne cite notamment les coopératives laitières de Brenthonne et de Cervens, ainsi que la filière reblochon, parmi les acteurs susceptibles d’être affectés indirectement.

De nombreux recours contre le projet

La Confédération paysanne nationale et sa déclinaison haut-savoyarde figurent parmi les organisations ayant engagé des recours contre l’autoroute. Le syndicat affirme que les contestations réunissent également plusieurs coopératives laitières, la majorité des exploitations concernées ainsi que des particuliers. Malgré ces procédures, le projet entre dans sa phase de construction.

Cette perspective intervient dans un contexte que le syndicat agricole juge particulièrement préoccupant. Après un été marqué par les incendies, les fortes chaleurs et une sécheresse sévère, il estime que les difficultés rencontrées par l'agriculture illustrent concrètement les conséquences du changement climatique.

Forêts, zones humides et cours d’eau dans le viseur

Le syndicat rappelle que plusieurs secteurs de la Haute-Savoie sont soumis à des restrictions importantes concernant l’usage de l’eau. Il cite notamment le bassin des Dranses, placé en situation de crise sécheresse, ainsi que le niveau particulièrement bas des nappes du bassin lémanique. Il souligne par ailleurs que les massifs savoyards sont eux aussi confrontés à un risque accru d'incendie.

Dans ce contexte, l’emprise du futur axe autoroutier est particulièrement contestée : "Les élus locaux considèrent qu'il serait pertinent de raser 76 hectares de forêt, d'assécher au minimum 56 hectares de zones humides, de mutiler 40 cours d'eau, tout en engendrant des émissions massives de gaz à effet de serre."

L’organisation dit désormais compter sur les recours judiciaires pour obtenir l’abandon du projet, qu’elle accuse de "bafouer un nombre invraisemblable de nos lois et de nos engagements, notamment en matière climatique".

Et si les engins de chantier entraient malgré tout en action, le syndicat annonce qu’il rejoindra les opposants sur le terrain pour tenter de s’y opposer.