Thermes de Saint-Gervais : la Cour des comptes pointe des faiblesses dans la gestion de la concession

Thermes de Saint-Gervais : la Cour des comptes pointe des faiblesses dans la gestion de la concession

La Chambre régionale des comptes s'est penchée sur la gestion des thermes de Saint-Gervais-les-Bains dans le cadre d'une enquête sur les villes thermales. Si l'activité apparaît globalement bénéfique pour les finances communales, plusieurs fragilités juridiques et de gouvernance sont relevées.

Les thermes de Saint-Gervais-les-Bains ne constituent pas le principal moteur touristique de la commune, mais ils restent un atout important dans une station qui accueille près de 29 000 lits touristiques, deux domaines skiables, un casino et le tramway du Mont-Blanc. C'est le constat dressé par la Chambre régionale des comptes (CRC) Auvergne-Rhône-Alpes dans un rapport consacré à la commune haut-savoyarde.

Avec 5 886 habitants, Saint-Gervais se classe seulement au 20e rang des 25 stations thermales de la région en nombre de curistes conventionnés accueillis en 2023. La fréquentation des cures n'a d'ailleurs toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise sanitaire.

La CRC souligne toutefois une évolution marquante du modèle économique de l'établissement. Entre 2019 et 2024, le chiffre d'affaires de la société exploitante a progressé de 67 %, porté principalement par les activités de bien-être. Celles-ci représentent désormais 71 % du chiffre d'affaires, contre seulement 14,6 % pour les cures thermales.

Cette diversification permet aux thermes de réduire leur dépendance aux remboursements des cures conventionnées. Malgré cela, l'exploitant continue d'enregistrer des résultats déficitaires, même si la situation tend à s'améliorer.

Une activité rentable pour la commune

La commune tire néanmoins profit de l'exploitation thermale. Entre 2019 et 2024, elle a perçu 3,06 millions d'euros de redevances de concession, auxquelles s'ajoutent environ 130 000 euros par an au titre de l'exploitation des marques liées aux thermes.

La Chambre relève également que plusieurs aménagements favorables aux thermes, comme la mise en valeur du parc thermal ou la création de l'ascenseur des thermes, ont bénéficié d'importantes subventions publiques. Ces aides ont permis à la commune de financer ses investissements sans recourir à l'emprunt tout en réduisant progressivement sa fiscalité locale.

Des risques juridiques avant l'échéance de 2031

Le principal sujet d'inquiétude concerne désormais l'après-2031, date à laquelle prendra fin l'actuelle délégation de service public des thermes. La CRC estime que cette échéance doit être préparée dès maintenant.

Le rapport pointe notamment plusieurs incohérences entre le contrat de concession des thermes et le contrat de licence de marque conclu en 2025 avec la société Cospal, jusqu'en 2065. Selon la juridiction financière, cette situation crée une insécurité juridique et pourrait rendre moins attractif le futur contrat d'exploitation des thermes.

La Chambre critique également le suivi exercé par la commune sur son délégataire. Les rapports annuels d'exploitation sont approuvés par le conseil municipal mais ne font pas l'objet d'une analyse suffisamment approfondie. Elle demande notamment davantage d'informations financières, sanitaires et relatives à la qualité du service.

Parmi ses cinq recommandations, la CRC invite la commune à clarifier les investissements à réaliser par l'exploitant, sécuriser les conditions de fin de contrat et mettre fin à certaines dispositions jugées irrégulières concernant la restitution des biens et le remboursement d'emprunts à l'issue de la concession.