Avant même le début du G7, la préfecture de Haute-Savoie avait fait une promesse aux commerçants : la ville sera vivante malgré le sommet et les commerces pourront rester ouverts. Le résultat deux semaines après le sommet est tout autre et ces propos sont jugés "mensongers" par le président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) de Haute-Savoie et également hôtelier-restaurateur à Evian. Et il considère que cette situation était largement prévisible puisque la même chose s'était déjà passée à Biarritz lors du G7 en 2019 qui avait conduit à l'indemnisation des commerçants fortement impactés. Ce type de dédommagement pourrait voir le jour à Evian et alentour selon la préfecture, mais les conditions et les critères n'ont toujours pas été communiqués aux commerçants. Pour Sébastien Buet, cette situation est problématique : "Cet argent perdu en juin, sur un mois avec beaucoup d'activités et un grand soleil, on voit déjà des commerçants qui ne se payent pas ou qui ne peuvent pas payer le loyer."
2000 cartes à 150 euros... inutilisées
Car si le G7 a eu lieu sur trois jours seulement, les restrictions ont quant à elles duré une semaine avec un pass obligatoire pour circuler dans la ville et des contrôles réguliers. "Les pertes ne sont pas concentrées sur le G7, mais sur toute la période du pass et plus globalement sur tout le mois de juin car la clientèle habituelle a fui." Ainsi, les touristes n'étaient pas au rendez-vous, mais les habitants eux-mêmes non plus. Après sollicitations des commerçants, un bilan moyen a été établi avec des pertes de chiffre d'affaires à hauteur de 80%.
Des solutions avaient pourtant été proposées par la préfecture en amont pour faire vivre la ville avec notamment des cartes prépayées pour les journalistes et les délégations pour pouvoir consommer sur place et faire quelques emplettes. Sur 2000 cartes de 150 euros, "si on en a passé 1%, c'est déjà le bout du monde", souffle Sébastien Buet en expliquant que tout ce monde était venu à Evian uniquement pour le travail et que, hormis les boutiques de souvenirs, les autres magasins n'ont pas vu la couleur de ces cartes. Sauf que voilà, le mois de juin signifie le lancement de la saison estivale et est un mois majeur pour les commerçants : "Juin représente un tiers de la saison, en hiver il ne se passe rien. Si le G7 avait eu lieu en novembre, on aurait rien à dire, mais là c'est très ennuyeux."
"Les conséquences seront très lourdes"
L'UMIH demande donc des indemnisations pour tous les commerçants concernés par ces pertes de chiffre d'affaires, une demande a priori entendue par la préfecture de Haute-Savoie. Mais un petit souci de calendrier inquiète tout de même le président de l'organisation puisque la préfète Emmanuelle Dubée doit rejoindre la Bretagne incessamment sous peu pour y devenir préfète de Région et Sébastien Buet craint que ce changement ne retarde encore plus les dédommagements : "On espère que l'Etat va prendre en considération nos demandes sinon les conséquences seront très lourdes. On ne laissera pas le nouveau préfet tranquille car on ne peut pas entraver l'activité économique."
Il envoie aussi une bouteille à la mer aux différents élus pour prendre ce sujet à bras-le-corps. Car si le sénateur Cyril Pellevat a déjà fait remonter la problématique au ministère des Comptes publics, Sébastien Buet s'étonne du "mutisme" de la députée Cécile Violland. Quoi qu'il en soit, pour le président de l'UMIH, une chose est sûre : "On est pas prêt d'accepter un nouveau G7 à Evian."








